Non pas qu’ils ne puissent évoluer et s’adapter, mais les fondamentaux perdurent et se renforcent.

 AF

Suite à mon article sur le chaos, quelques jours plus tard, on peut déjà constater que ce que j’annonçais se réalise déjà :

Le cours de l’action Air France a chuté de 9 % ! C’est à dire que tous ceux qui ont mis de l’argent dans la compagnie (État compris), ont perdu 9 % de leur capital.

Les pertes se chiffrent à ± 375 Millions € pour Air France, sans compter toutes les pertes qu’ont subi l’ensemble des sous traitants, les aéroports[1], les autres salariés, les tours opérators, les passagers, … et tous les équivalents à l’étranger, car Air France est avant tout une compagnie long courrier qui perd déjà de l’argent sur ce créneau et qui vient de perdre la capacité à se développer en Europe sur le lowcost !

Et la contrepartie :

EasyJet à gagné ± 450 000 € / jour de grève et table sur un bénéfice de 735 million € . en 2014 (+ 51 %) et annonce le versement de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cette compagnie annonce d’ores et déjà qu’elle va à nouveau commander des A320 après sa commande de 135 A320 signée en mars 2014.

Rappelons qu’EasyJet n’est pas la seule compagnie lowcost opérant en France et que pour les autres, même si elles ne publient pas leurs chiffres, l’effet est le même.

Mais, le plus important, c’est l’avenir :

À marché constant (dans ce cas en développement), ce sont ceux qui ont les moyens d’investir et qui ont la meilleure image de marque qui prospèrent.

L’avenir pour les jeunes pilotes, ce n’est pas d’être employé à de grasses conditions à Air France, mais d’être employé dans une compagnie qui est en plein développement et où ils ne risquent pas d’être licenciés, quitte, plus tard et fort de leur expérience acquise, a aller vers d’autres compagnies, si les conditions sont plus favorables et que leur pérennité est assurée.

Une compagnie comme Air France ne va plus embaucher, ce sont les vieux pilotes, payés le plus, qui vont rester car les licencier coute trop cher.

On s’avance sur une compagnie vieillissante, avec des pertes d’exploitations chroniques, un matériel vieillissant et son personnel également. Bref, tous les ingrédients qui concourent à la faillite de cette compagnie (cela prendra du temps, car le capital est important et l’inertie économique également, mais le phénomène est enclenché).

Si vous aviez de l’argent à placer ? Le placeriez-vous sur Air France ou EasyJet ? 

Réfléchissez, toute la question est là, car une compagnie, comme toutes les entreprises a besoin de capitaux pour se développer et lorsque l’on n’a pas les capitaux nécessaires, il faut emprunter (et les banques ne prêtent pas aux loosers).

Voilà, tout est dit ! C’est la faute au capitalisme ! Alors, allez voir dans un pays communiste comment ça se passe et si les pilotes (qui ont le choix) veulent s’y faire embaucher (au cas où le collectivisme serait plus performant) ?

En fait, dans ces pays là, les pilotes sont bien moins rémunérés, volent sur un matériel encore plus obsolète et surtout ne risquent pas de faire grève, ni même d’en avoir l’idée (c’est le charme des “démocraties communistes“ qui décident du bien du peuple) !

[1] Toulouse-Blagnac, le quatrième aéroport français hors Paris, a ainsi annoncé jeudi avoir perdu « environ 100.000 passagers et de l’ordre d’un million d’euros » durant les 14 jours de grève.