Les nouvelles sont bonnes : il semblerait que les cambriolages soient en baisse.

Que dire des statistiques ?

L’ONDRP est l’organisme qui établit les statistiques de la délinquance et, il précise dans son préambule que :

  • Les chiffres donnés sont le reflet de “l’état des services“ (autrement dit, ceux que communiquent les services de police et de gendarmerie). Ce sont des chiffres bruts !
  • Que ces chiffres doivent être lus en tenant compte des enquêtes de victimation (notamment du fait que les comportements font que les citoyens ne déclarent pas tous les actes de délinquance).

Ainsi, il apparaît que seulement 54 % des cambriolages sont déclarés aux forces de l’ordre et, seulement 30 % pour les cambriolages sans effractions.

Depuis longtemps, on entend les spécialistes dire que, de plus, les “services“ n’effectuent pas leur travail correctement, mais sans jamais donner de précisions sur ce problème.

Or, au détour de la lecture du rapport du Sénat n° 156 du 21/11/13. Annexe N° 27 sur la Sécurité, on apprend qu’une enquête a été diligentée par le Ministère de l’intérieur sur ce point pas la DGPN (police) et la DGGN (gendarmerie).

Et, que dit ce rapport p. 36 : « Dans l’attente des résultats de ce nouveau contrôle, votre rapporteur spécial relève dans celui réalisé en 2011 un nombre important d’« anomalies » ou d’erreurs dans les fichiers STIC et JUDEX, seulement (respectivement) 28 % “PN“ et 38 % “GN“ des fiches vérifiées étant exactes. En conséquence, il estime impératif que des progrès soient réalisés dans ce domaine. ».

Depuis, les systèmes statistiques sont en cours de changement sur tout le territoire et, on nous promet une approche statistique beaucoup plus fiable pour 2017 !

Alors, lorsque l’on me dit qu’en 2017 on devrait avoir des statistiques beaucoup plus fiables, j’en conclus que jusqu’en 2017, on ne nous promet pas de fiabilité des statistiques.

Le plus inquiétant, c’est que l’analyse faite pas le Ministère de l’Intérieur sur les erreurs figurant dans les PV met en premier le déclassement des déclarations [on classe en vol les cambriolages (délictuel -> contraventionnel)], le manque de formation du personnel, les habitudes locales différentes selon les unités, le désintérêt de la hiérarchie pour ce sujet, …

Résumons nous :
Sur 100 cambriolages, seulement ± 54 sont déclarés.
Sur ces 54, seulement ± 38 % sont correctement répertoriés.
Il reste donc en fin de compte seulement ± 20 % qui sont dans les statistiques de façon fiable !

Ainsi, sur le plan local à Libourne, en 2013, sur ± 6 mois, M. le Sous Préfet indiquait 2 cambriolages sur un quartier et, nous avons récupéré la copie de 7 P. V. (2/7 => 28 % ça ne vous rappelle pas quelque chose ?).

Je vous invite à regarder la vidéo du Général Soubelet devant la commission sur l’insécurité (depuis il a été muté, comme quoi, dire la vérité, même devant une commission parlementaire, c’est dangereux pour la carrière, même pour un brillant général).

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5033.lutte-contre-l-insecurite–general-bertrand-soubelet-directeur-des-operations-et-de-l-emploi-de-la-18-decembre-2013

Patrick.