Pour qui ? À quel prix ?

De plus en plus, je suis interpellé par les régimes « spéciaux » de certains et je suis d’autant plus surpris de voir que ce sont ceux qui ont les régimes les plus favorables qui sont mécontents et paralysent le système et le pays.

Alors, je me pose la question de savoir si le système franco-français mérite d’être soutenu ?

C’est ce système qui a mis en place les différents régimes spéciaux à des époques où cela pouvait éventuellement avoir un sens. Maintenant cela n’en a plus, sauf le maintien de privilèges.

Actuellement, quel est le sens des privilèges des cheminots ? Nous ne sommes plus à l’époque des machines à vapeur et les conducteurs de TGV ont des tâches moins fatiguantes que les chauffeurs de bus, ils ont des horaires encore moins importants, et des salaires bien plus conséquents, une retraite à ± 52 ans et, au-delà du salaire les privilèges, avantages et primes supplémentaires font l’écart !

Le système social Français est à bout de souffle et lorsque je vois que les intermittents du spectacle font grève pour une hausse de 0,2 % de leur cotisation, je me dis que l’on marche sur la tête, surtout compte tenu de l’assurance chômage et des privilèges d’indemnisation dont ils bénéficient et du trou qu’ils creusent à la sécurité sociale, …

La culture n’a pas disparu dans les pays qui n’ont pas le même régime qu’en France (tous) et nous allons pouvoir nous rendre compte que, mis à part les dégâts économiques qu’entrainent les grèves, on peut très bien vivre sans les intermittents “officiels“ (car il reste des passionnés et des professionnels conscients) et qu’il y a bien plus important à considérer.

Malheureusement, je ne crois plus en la capacité des politiques à réformer les systèmes dont ils sont par ailleurs les premiers bénéficiaires, puisqu’ils se votent généreusement eux-mêmes leurs propres régimes spéciaux et les retraites “spéciales“ qui vont avec.

Alors, il est possible de quitter légalement[1] ce système franco-français de sécurité sociale et de caisses de retraite qui, de toute façon, va imploser puisqu’il ne sait pas se réformer, donne lieu à tant d’inepties et d’inégalités, et qui est déjà en déficit chronique.

Si la législation impose de s’assurer pour la santé et la retraite, le choix de l’opérateur est parfaitement libre et il existe des régimes hors du monopole “d’État“ qui sont bien moins onéreux du simple fait qu’ils n’ont pas à supporter tous ces systèmes corporatistes inégalitaires et toutes les inepties, escroqueries et privilèges qui minent le système Français. Leur gestion est optimisée et ils ont bien plus de chance de perdurer que le système majoritairement en place chez nous et auquel tout le monde croit être obligé de souscrire. C’est ce monopole supposé qui fait que prospère tant bien que mal tous ces travers sous motif de fausse solidarité totalement inégalitaire.

La SNCF, les intermittents du spectacle, et plus généralement tous ceux qui bénéficient de régimes dit “spéciaux“ ou “universel“, seront bien obligés de revenir à des réalités plus égalitaires.

Pour moi, toute peine mérite salaire et il n’y a pas de sot métier. Tous au même régime !

D’abord, Liberté, égalité et, à ce moment là, on pourra reparler de solidarité, car sans les deux premiers, la solidarité n’est qu’un leurre qui sert d’excuse au développement des inégalités et privilèges.

Patrick Rebeyrol.

[1] Directives Européennes 92/49/CEE et 92/96/CEE, entièrement transposées dans le droit national par les lois n° 94-5 du 4 janvier 1994, n° 94-678 du 8 août 1994 et par l’ordonnance n° 2001- 350 du 19 avril 2001 ratifiée par la loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001. – • – La loi n° 94-5 du 4 janvier 1994 a autorisé les sociétés d’assurance privées à couvrir l’intégralité des risques sociaux (maladie, vieillesse, accidents du travail), alors qu’elles étaient jusqu’alors cantonnées à la couverture complémentaire de ces risques. – • – La loi n° 94-678 du 8 août 1994 a modifié le code de la sécurité sociale en conséquence.